Le problème du gel de la construction dans les Territoires, qui menace la suite des négociations directes, pourrait être résolu prochainement. Hier soir se profilait un arrangement qui repose sur une entente tacite selon laquelle les responsables des milieux de la Défense dans les Territoires ne signeront pas de nouveaux plans de construction. Toutefois, le gouvernement ne décidera pas officiellement de prolonger le gel qui, après vérification, expire le 30 septembre et non pas le 26.
Une personnalité palestinienne proche du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas déclarait hier au Haaretz que pour l’AP, les déclarations importaient peu : ce qui compte, c’est le gel effectif. Conformément à la loi et aux règlements en vigueur dans les Territoires, le commandant sous les ordres directs du ministre de la Défense est habilité à délivrer les permis de construire ou à donner l’ordre de cesser les travaux.
Ce même Palestinien a précisé que lors des négociations directes avec Israë l, l’AP entend faire savoir qu’elle n’acceptera pas une totale démilitarisation des Territoires car aucun pays souverain n’accepterait une telle condition. Les Palestiniens accepteront toutefois que des forces étrangères soient déployées en Cisjordanie et dans la bande de Gaza et même qu’elles disposent d’un mandat plus large que les forces de la FINUL au Liban, de manière à ce qu’elles puissent protéger les frontières de l’Etat palestinien et répondre aux besoins de sécurité d’Israë l. Le porte-parole de Département d’Etat américain a laissé entendre hier qu’Hillary Clinton participera à la deuxième session des négociations à Charm el Sheikh afin, entre autres, de régler le problème du gel des implantations.
Selon un rapport publié par ICG (The International Crisis Group) qui portait sur la réforme sécuritaire chez les Palestiniens de Cisjordanie, il apparait qu’en cas d’échec des négociations avec Israë l et la fin de tout espoir d’un accord de paix, les services de sécurité palestiniens auront du mal à remplir leur rôle.
Ce rapport ajoute, sur la base d’entretiens avec des sources sécuritaires israéliennes et palestiniennes, que la coopération entre les services de sécurité de l’AP et israéliens est plus étroite que jamais. Le rapport recommande également à Israë l d’autoriser les forces de sécurité palestiniennes à agir dans un périmètre qui s’étendrait aux zones B et C, sous contrôle israélien en Cisjordanie.