Neuf heures, hier matin. Des dizaines de policiers accompagnés de cinq bulldozers et de pelleteuses ont pénétré dans le village bédouin non-reconnu d’al-Araqib, près de Rahat, pour le démolir. Cela ne s’est pas fait sans heurts. Cette longue saga a débuté en 1998 lorsque des bédouins se sont installés sur des terres appartenant à l’Etat et y ont établi le village qui n’a jamais été reconnu officiellement. Depuis, les habitants du village ont été évacués par l’Etat à plusieurs reprises mais, à chaque fois, ils y sont revenus tout en menant parallèlement une bataille juridique au terme de laquelle la Cour suprême a ordonné l’évacuation des habitants.
La semaine dernière, la police a démoli les quarante-cinq maisons du village, mais les habitants n’ont pas renoncé. Ils sont revenus sur le site, ont commencé à reconstruire le village et sont parvenus à ériger dix maisons. Suite à cela, la police et les inspecteurs de la Direction des terres sont revenus hier sur les lieux pour évacuer à nouveau le village et démolir ses maisons.
Les forces de l’ordre ont été accueilli par les habitants du village et des manifestants de gauche parmi lesquels le député Taleb a-Sanaa, lui-même bédouin et habitant d’un village tout proche. Certains des manifestants, dont a-Sanaa, ce sont retranchés dans les maisons, refusant d’en sortir. D’autres se sont interposés devant les pelleteuses et les bulldozers pour les empêcher de démolir les maisons.
Très vite, les choses ont dégénéré en un affrontement au cours duquel ont été blessés six manifestants dont Taleb a-Sanaa qui affirme avoir perdu connaissance lorsque les policiers l’ont évacué de force. Il a été emmené à l’hôpital avant d’être libéré une heure plus tard. La police affirme qu’il n’a pas perdu connaissance mais a juste fait un malaise. En attendant, les pelleteuses ont démoli les maisons. Six manifestants ont été arrêtés au cours des affrontements./.