Alors que les autres « Grandes Voix d’Europe1  » reprenaient en chÅ“ur la doxa « ah si on avait encore Yitzak Rabin,  » Charles Villeneuve, qui connaît parfaitement bien le Proche-Orient, résumait ainsi la situation : « il y a toujours 600 millions d’Arabes qui veulent jeter 6 millions de Juifs à la mer...  »
Il n’y aurait plus d’interlocuteur valable...
Cette dernière émission de la saison du « débat des Grandes Voix d’Europe1 avec Marie Drucker  » proposait le 3 juillet un tour d’horizon de l’actualité de l’année écoulée. Le Proche-Orient a été évoqué, à propos de Barack Obama qui, jusqu’ici, n’a pas réussi à y « imposer  » une paix. Le jugement de ces grandes voix, sauf une, a été très clair : on ne peut progresser vers la paix car ceux qui ont permis de s’en approcher ne sont plus là ...et de regretter Yitzhak Rabin ou d’évoquer Bill Clinton « qui y était presque arrivé.  » Et ces Grandes Voix d’ajouter que si Barack Obama n’a pas réussi au Proche-Orient, c’est que, à la différence de Bill Clinton, il « n’a plus les mêmes interlocuteurs...que sans doute il n’y pas pas d’interlocuteur valable des deux côtés....  »
Bill Clinton y était « presque arrivé  »
Tout, dans cette analyse partielle, est d’ailleurs dans le « presque  » car ces Grandes Voix – sauf une qui exprimera son désaccord- semblent oublier que si toute perspective de paix a capoté, en dépit des efforts de Bill Clinton, c’est que, justement, face à des Israéliens voulant la paix, et pas le seul Yitzhak Rabin comme la doxa voudrait le faire croire aujourd’hui, il y avait le dirigeant palestinien Yasser Arafat, homme corrompu qui soutenait activement le terrorisme on le sait pourtant aujourd’hui .
Et ces Grandes Voix ont l’air d’oublier que, plus récemment, après l’assassinat d’Yitzhak Rabin, Ehoud Barak, alors Premier ministre d’Israë l, avait fait des propositions sans précédent pour avancer sur le chemin de la paix jusqu’à la rencontre de Taba où « on y était presque arrivé  » une fois encore. Presque car, comme on le sait, Yasser Arafat, encore lui, avait une nouvelle fois tout fait capoter en montrant sa véritable nature lorsque, quelque jours plus tard, il se livrait à une attaque virulente contre Israë l lors de la réunion du Forum économique de Davos . Ce qui fit dire à Shimon Peres – un travailliste- sa stupéfaction car, remarqua-t-il, il y était venu « prêt pour un mariage et non pas un divorce.  »
Ce que, de toute évidence, ces Grandes Voix qui sont autant de faiseurs d’opinion, ont oublié ou ne prennent pas en compte...Toutes sauf une.
Analyse caricaturale et fausse
En effet, lors de l’émission, une seule voix dissonante, se démarquait entièrement de cette « analyse  » consensuelle. Analyse qui voudrait que la paix n’est pas possible aujourd’hui parce que, pour énoncer la doxa en vogue, l’actuel gouvernement israélien n’appartiendrait pas à ce qu’il est convenu d’appeler le « camp de la paix  » - autrement dit celui d’Yitzhak Rabin -. Une vision caricaturale et totalement fausse, Benyamin Netanyahou, à l’instar de ses prédécesseurs, multipliant les gestes envers les Palestiniens et réclamant des négociations directes, alors que les dirigeants palestiniens continuent systématiquement à délégitimer Israë l, à inciter à la violence anti-israélienne et antisémite, à donner des terroristes comme modèles à suivre Et s’il n’y a plus d’attaques terroristes à l’intérieur d’Israë l, si ce n’est celles venant de la Bande de Gaza, – l’arrêt du terrorisme palestinien étant la première clause de la Feuille de Route- cela est dà » en grande partie à l’efficacité de la barrière de sécurité et du travail des forces de sécurité israéliennes en Judée Samarie. Elles y arrêtent encore des terroristes, l’Autorité palestinienne ne luttant que très imparfaitement contre le terrorisme – on trouve même des terroristes dans les rangs de sa police->http://www.jpost.com/Israel/Article.aspx?id=168378] - et même l’encourageant systématiquement .
S’ajoute aujourd’hui cette campagne de boycott des produits venant des « colonies  » ou qui n’ont fait qu’y transiter et l’interdiction faite aux Palestiniens d’y travailler -ce qui mettra quelque 30.000 Palestiniens au chômage . Sans parler de cette nouvelle donne, ce que tout le monde semble appeler « le gouvernement de facto  » de la Bande de Gaza, c’est-à -dire le mouvement terroriste du Hamas. Qui, lui non plus, n’hésite pas à prendre des mesures contre son propre peuple
Charles Villeneuve et les réalités du terrain : « il y a toujours 600 millions d’Arabes qui veulent jeter 6 millions de Juifs à la mer...  »
Cette voix qui s’est élevée pour dire les choses telles qu’elles sont, refusant la doxa en vigueur est celle de Charles Villeneuve, entre autres journaliste d’investigation – on se souvient de son émission restée célèbre « Le Droit de Savoir  » - qui connaît particulièrement bien le Proche-Orient – il est né à Beyrouth d’une mère arménienne et d’un père français – et les réalités militaires - il a été sous-officier dans l’armée française avant d’être journaliste -. Et qui, dit-il ici « se balade dans les capitales arabes.  »
S’exprimant avec vigueur, sans doute piqué au vif par l’ineptie de l’image d’Épinal ainsi véhiculée par ses confrères, Charles Villeneuve affirmait que ce sont bel et bien « les mêmes  » qui sont en présence aujourd’hui « en plus poli, plus propre, plus présentable.  » Ce qui s’applique aux dirigeants palestiniens sans nul doute : Mahmoud Abbas et Salam Fayyad, encensés par le Quai d’Orsay, ne portant ni uniforme militaire ni keffieh, certes, ne veulent même pas dialoguer avec les Israéliens, conduisant avec les mêmes « négociateurs de paix  » ou dirigeants inamovibles comme les Saeeb Erekat ou Ahmed Quorei, via Washington, des négociations « indirectes  » ..et, pratiquant le même double langage, mentent effrontément au Président américain niant, par exemple, contre toute vraisemblance, toute incitation anti-israélienne...
L’avis de Charles Villeneuve sur ce qui se joue au proche-Orient se résume en une formule lapidaire : « il y a toujours 600 millions d’Arabes qui veulent jeter 6 millions de Juifs à la mer...il faut appeler les choses comme elles sont sur le terrain...  » Une petite voix rétorquait alors : « l’inverse étant vrai  »....affirmation ridicule qu’il mit en pièces aussitôt....