La commission locale de planification et de construction dans la mairie de Jérusalem a approuvé hier le plan pour la création d’un parc touristique dans le village de Silwan, dans l’est de la ville, un plan dans le cadre duquel devraient être démolies vingt-deux maisons de familles palestiniennes qui ont été construites illégalement.
Cette décision a été prise au terme d’une séance houleuse à laquelle étaient présents les habitants du quartier al-Bustan qui devront évacuer leurs maisons si le plan est approuvé par le comité régional de planification et de construction. Les conseillers municipaux du parti Méretz se sont opposés au projet, suite à quoi le maire, Nir Barkat, a annoncé le limogeage de son adjoint, le chef du groupe Méretz au conseil municipal, Yossef (Pepe) Alalo. Dorénavant, la coalition municipale de Nir Barkat s’appuiera sur une majorité religieuse et ultra-orthodoxe et un conseiller municipal du parti Shas pourrait être nommé adjoint au maire.
Les débats ont été interrompus hier pendant de longues minutes suite aux protestations des riverains qui se sont élevés contre le projet. Meir Margalit, conseiller municipal du parti Méretz a déclaré : « Ce plan n’a rien à voir avec le bien-être des habitants. Son but est d’approfondir l’emprise israélienne à Silwan  ».
L’Autorité palestinienne a condamné hier la décision de démolir les maisons. Dans un communiqué, le gouvernement palestinien affirme que le plan qui a été approuvé hier s’inscrit dans la suite de la décision concernant le projet de construction à Ramat Shlomo, dans le nord-est de la ville. « Ces mesure arbitraires et dangereuses nécessitent une intervention américaine et internationale qui y mette fin  ». Le chef de l’équipe de négociation de l’Autorité palestinienne, Saë b Erekat, a déclaré : « Cette décision prouve qu’Israë l a décidé de démolir les pourparlers indirects avec les Palestiniens  ».
De hauts responsables américains se sont adressés hier au cabinet du Premier ministre et ont demandé des éclaircissements concernant la validation de ce plan, qui nuit à la confiance entre Israë l, les Etats-Unis et les Palestiniens. Un responsable du Département d’Etat américain a toutefois déclaré que Washington comprend qu’il s’agit d’une décision de la mairie et non du gouvernement israélien et d’une première étape dans le processus de planification. Des responsables du bureau du Premier ministre ont dit avoir expliqué aux Américains que le gouvernement aurait son mot à dire lorsque le projet sera soumis à la commission régionale de planification et de construction et que le Premier ministre Netanyahu espère trouver une solution négociée quant à l’avenir du quartier.
Le maire, Nir Barkat, a déclaré en réaction : « Dans le cadre du projet, il y avait trois options : dégager le terrain et démolir les quatre-vingt-huit maisons construites illégalement ; légaliser 100 % des constructions illégales ; ou, option qui a été choisie par la mairie, trouver un équilibre entre les besoins. Dans le cadre du projet, sera accordée une occasion sans précédent de légaliser 75 % des maisons, tout en aménageant des infrastructures pour le bien-être des habitants  ».