Nous nous réunissons à propos de l’article de l’ordre du jour qui cible Israë l. Il y a deux éléments terriblement injustes dans cette focalisation disproportionnée. Premièrement, elle est partiale. Après l’adoption de cet article en 2007, le Royaume-Uni observa que « la pratique consistant à "singulariser quelqu’un" risquait d’ébranler les principes mêmes du Conseil des Droits de l’Homme  ». La France affirma que c’était « contraire à la non sélectivité  ». Le Canada fit remarquer que le Conseil enfreignait ses propres principes d’universalité, d’impartialité, d’objectivité et de non sélectivité. Prendre pour cible quelque Etat membre que ce soit, affirma le Canada, était une attitude « politisée, sélective, partiale et subjective  »
Mais, Monsieur le Président, il y a quelque chose de beaucoup plus pernicieux qui devrait inquiéter tous les partisans de droits de l’homme.
Le 20 juin 2007, le Secrétaire général Ban Ki-moon, a critiqué « la décision du conseil de sélectionner un seul élément régional, étant donné le grand nombre de violations des droits de l’homme dans le monde entier.  »
Ces propos n’ont jamais été plus évidents qu’aujourd’hui.
Pour la seconde fois au cours de sa brève session, nous avons consacré la journée tout entière à discuter les prétendues violations d’Israë l, entendu divers rapports sur des enquêtes redondantes, dont la totalité ont des conclusions déterminées d’avance.
Pourtant au moment même où nous sommes réunis, la communauté internationale est témoin d’une grave tragédie humanitaire et des droits de l’homme, qui va en empirant, au Kyrgyzstan.
Au moins 200 personnes ont été massacrées, 1 500 blessées, tandis que 100 000 réfugiés cherchent à franchir la frontière pour fuir la violence. La Croix-Rouge vient juste d’avertir que la crise humanitaire « empire d’heure en heure  ». Des témoins rapportent que des femmes et des enfants sont abattus lorsqu’ils tentent de fuir, que des cadavres jonchent les rues de la ville, et que beaucoup de ses bâtiments sont détruits. Selon Dilmurad Ishanov, un travailleur humanitaire de la ville de Osh, "on tue des Ouzbeks comme des animaux. Presque toute la ville est en flammes  ».
Monsieur le Président, nous avons entendu aujourd’hui les discours de la Libye, de la Syrie, de l’Iran, du Soudan, de la Corée du Nord, du Venezuela, de l’Organisation de la Conférence Islamique et de la Ligue Arabe. Et je leur demande : Si tous les êtres humains sont égaux, pourquoi gardez-vous le silence aujourd’hui sur les victimes du Kyrgyzstan ? Après avoir appelé à un débat d’urgence et à une enquête sur la flottille dite humanitaire, pourquoi n’en faites-vous pas autant pour ce que tout le monde s’accorde à considérer comme une tragédie humanitaire de proportions colossales ?
Monsieur le Président, ce point [7 – anti-israélien (NdT)] de l’ordre du jour nous rend sourds aux cris des victimes partout ailleurs.
© UN Watch
[Document original anglais aimablement signalé par Jean-Philippe Desmet.]
Mis en ligne le 19 juin 2010, par Menahem Macina, sur le site France-Israë l.org