La France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne lanceront cette semaine une démarche diplomatique visant à imposer à l’Iran des sanctions européennes indépendantes d’ici le 26 juillet. Ces sanctions comprendront une interdiction d’investir dans des compagnies pétrolières ou gazières iraniennes ou de leur vendre du matériel et des restrictions quant aux escales que pourront effectuer les navires iraniens dans les ports de l’Union européenne.
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se réuniront aujourd’hui à Luxembourg pour débattre des événements de la flottille à destination de Gaza mais aussi du dossier iranien. Au cours de cette réunion sera présenté un projet de résolution visant à imposer des sanctions européennes contre l’Iran qui s’ajouteront au quatrième round de sanctions voté la semaine dernière parle Conseil de sécurité des Nations-Unies. Une telle décision devra être prise à l’unanimité des vingt-sept pays membres.
Selon des diplomates européens, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, devrait souligner lors de la réunion d’aujourd’hui la nécessité d’approuver les sanctions européennes contre l’Iran dès la prochaine réunion du conseil, le 26 juillet prochain, avant les vacances estivales. Cette position de Bernard Kouchner est soutenue pas les ministres britannique, allemand, italien, néerlandais et danois.
Jeudi se réuniront à Bruxelles les dirigeants de l’Union européenne et les sanctions européennes contre l’Iran seront là aussi au centre des débats. Le président français, Nicolas Sarkozy, qui a fait pression pour que le Conseil de sécurité adopte une quatrième résolution de sanctions contre Téhéran, de même que la chancelière allemande, Angela Merkel, et le Premier ministre britannique, David Cameron, souligneront eux aussi la nécessité d’approuver les sanctions supplémentaires d’ici fin juillet.
Selon des diplomates européens, plusieurs pays de l’UE, et notamment la Suède, s’opposent à de nouvelles sanctions contre l’Iran. Le ministre suédois des Affaires étrangères est considéré à Paris, Berlin et Londres comme un frein aux efforts visant à stopper le programme nucléaire iranien.
La Suède s’oppose à des sanctions contre le secteur iranien de l’énergie car des entreprises suédoises fournissent à l’industrie pétrolière iranienne des machines et des pièces de rechange. De même, Malte, la Grèce et Chypre s’opposent à des sanctions qui empêcheraient les navires iraniens de faire escale dans les ports de l’UE.
Les ministres des Affaires étrangères des vingt-sept évoqueront aussi aujourd’hui les démarches visant à lever le blocus de la bande de Gaza. La France, la Grande-Bretagne, l’Espagne et l’Italie souhaitent promouvoir la réouverture du poste-frontière de Rafah grâce à la présence d’observateurs européens, conformément à l’accord de 2005, développer l’activité du point de passage de Karni et permettre à des navires d’accéder directement à Gaza, après un contrôle effectué à Chypre par les Européens. Le Premier ministre Netanyahu a déclaré hier, lors d’une réunion des ministres du Likoud, qu’il est favorable à l’allègement du blocus de la bande de Gaza, mais qu’il n’acceptera pas la levée du blocus maritime.