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L’affaire Helen Thomas n’est pas si anecdotique que ça
Hélène Keller-Lind
Article mis en ligne le 10 juin 2010

Soutenue par le Hezbollah, mais pas seulement, cette journaliste renommée a perdu son poste de correspondante àla Maison Blanche pour avoir dit clairement tout le mal qu’elle pense de l’État hébreu. Quand on est « [la journaliste la plus connue des États-Unis,]  » comme l’écrit dans un article admiratif paru dans Métro de Montréal du 8 juin Antoine Char, « journaliste et professeur àl’UQAM « Université du Québec àMontréal, on a forcément de l’influence....La presse, quatrième pouvoir, ce n’est nullement une expression infondée...

Certes, cette journaliste indubitablement de premier plan, accréditée àla Maison Blanche depuis des lustres puisqu’elle y a travaillé sous dix Présidents, dit dans un communiqué publié sur son site « regretter profondément les commentaires ...concernant les Israéliens et les Palestiniens. Ils ne représentent pas ce que je crois au plus profond de moi-même, àsavoir que la paix ne viendra au Moyen-Orient que lorsque toutes les parties reconnaîtront la nécessité d’un respect et d’une reconnaissance mutuels. Que ce jour arrive bientôt.  » Des excuses finalement en demi-teinte car on aimerait savoir qui, selon elle, ne respecte pas « l’autre partie.  » Diaboliser Israë l et les Juifs est monnaie courante chez les Palestiniens, que ce soit sous l’égide de l’Autorité palestinienne ou celle du Hamas, du Hezbollah libanais ou du régime des mollahs. Une chose est certaine, paraphrasant la télévision officielle palestinienne, cette femme de mots, d’ascendance libanaise, a bel a bien enjoint les Israéliens à« foutre le camp de Palestine  » en s’adressant àun rabbin qui la filmait sur la pelouse de la Maison Blanche pour Rabbilive.

La vidéo n’est plus disponible sur Youtube « suite àune réclamation pour droits d’auteur par Rabbilive  », voir sur son site.

C’est, en effet, le rabbin Nesenoff, qui avait filmé la journaliste tenant ces propos ahurissants . Or, depuis que la vidéo a été postée il a reçu par son site àce jour plus de 25.000 messages haineux... le menaçant lui et sa famille...Messages antisémites, négationistes et antisionistes édifiant qui sont désormais postés sur son site web.

Désavouée par la Maison Blanche, Helen Thomas a reçu également le soutien du Hezbollah, c’est dire.... ou, entre autres en France, de lecteurs du site de France 24...

Mais il y d’autres soutiens plus feutrés et plus nocifs. Comme celui publié dans Métro Montréal par ce journaliste professeur d’université. Qui la connaissait bien, semble-t-il, et la qualifie de « Press Lady,  » évoquant ici avec nostalgie ce restaurant libanais – àqui il fait un énorme coup de pub- où elle était une habituée et où, dit-il, « elle sera toujours accueillie àbras ouverts au 1967 Calvert, la rue de Mama Ayesha. Palestinienne, cette dernière aimait lire dans le marc de café l’avenir de Thomas, fille de Libanais chrétiens venus s’installer au Kentucky en 1892.  » Il rappelle aussi la question fielleuse, mais de toute évidence pas pour lui, posée par Helen Thomas à« Barack Obama, àqui elle avait lancé peu après son assermentation : « Monsieur le président, connaissez-vous un pays du Proche-Orient ayant des armes nucléaires ? » Le successeur de George W. Bush avait esquivé et la « Press Lady » de la Maison-Blanche ne murmura pas son légendaire « thank you Mr. President ».  » Làencore on est dans le feutré, mais qui en dit long... Antoine Char termine son article, lu par tous les Montréalais qui empruntent le métro mais pas seulement, - le tirage de Métro était de 160.000 fin 2009 - par ces mots : « Thank you Press Lady. »

Et on trouve d’autres soutiens encore aux États-Unis. Des personnalités ou des associations féministes, par exemple

Ironique : sur le site d’Helen Thomas on trouve ce commentaire àpropos d’un de ses ouvrages qui y est en vente : « Helen Thomas écrit ici un manifeste rigoureux sur le déclin qualitatif et éthique du reportage politique et adresse un appel retentissant pour demander que cela change.  » On a vu dans cet épisode ce que qualité et éthique journalistiques signifiaient pour elle...