La pression monte sur Israë l. Le dénouement pacifiste du voyage du Rachel-Corrie, ce nouveau cargo humanitaire irlandais en route pour Gaza et arraisonné samedi sans violence par l’armée israélienne, n’a en rien réduit la vague d’indignation dans le monde causée par la mort de neuf militants turcs tués lors des affrontements avec les soldats israéliens sur le Mavi Marmara
Les Etats-Unis et l’ONU se sont prononcés en faveur d’"une enquête crédible, impartiale et transparente" sur cette affaire. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a ainsi contacté le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou à la fin de la semaine pour évoquer la mise en place d’une commission d’enquête internationale, selon une source gouvernementale israélienne citée par les quotidiens dominicaux israéliens. Cette commission serait présidée par l’ancien premier ministre néo-zélandais Geoffrey Palmer et comprendrait des représentants d’Israë l, des Etats-Unis et de la Turquie.
REJET ISRAÉLIEN
Mais, dimanche, M. Nétanyahou aurait rejetté l’idée d’une telle commission, selon le quotidien israélien Haaretz. Le premier ministre israélien aurait répondu à M. Ban "qu’une enquête devait être menée de façon responsable et objective", rapporte le quotidien populaire Yedioth Ahronoth. "Je cherche d’autres solutions", aurait-il ajouté. Selon le journal, M. Nétanyahou réfléchirait à la mise en place d’une commission d’enquête nationale, comme celle dirigée par le juge Winograd chargée de tirer les leçons du conflit israélo-libanais de 2006.
Aux Etats-Unis, l’ambassadeur israélien Michael Oren a également indiqué que son pays rejetterait une enquête internationale sur la question. "Nous rejetons une commission internationale. Nous sommes en discussion avec l’administration Obama de manière à ce que notre enquête ait lieu", a déclaré le diplomate sur Fow News.
Le cabinet israélien de sécurité devait se réunir dimanche soir pour examiner les moyens de répondre aux critiques internationales. Le premier ministre israélien a affirmé dimanche qu’"un groupe est monté séparément à bord du navire [Mavi Marmara] dans une autre ville que son port d’attache, s’est organisé et équipé séparément, en obéissant à une procédure différente" des autres passagers. "L’objectif de ce groupe hostile était clairement de provoquer des heurts violents", a-t-il accusé.