Le conseil des droits de l’homme de l’ONU a décidé hier de créer une commission d’enquête internationale chargée d’examiner les circonstances de l’assaut de la marine israélienne contre la flottille à destination de Gaza. Le gouvernement américain a fait part à Israë l d’une proposition selon laquelle le Premier ministre Netanyahu annoncera la mise en place d’une commission israélienne indépendante, tout en acceptant qu’un observateur américain y participe. M. Netanyahu n’a pas encore donné sa réponse à cette proposition américaine, mais il semble qu’il y soit réticent, à cause notamment de l’opposition du ministre de la Défense, Ehud Barak. Dans ses propos d’hier, le Premier ministre s’en est pris à la communauté internationale qu’il a accusée d’hypocrisie.
Le vice-président américain, Joe Biden, s’est rangé hier aux côtés d’Israë l en déclarant, dans une interview à la chaîne PBS, qu’Israë l avait proposé à plusieurs reprises aux organisateurs de la flottille de décharger leur cargaison dans le port d’Ashdod pour qu’elle soit acheminée, après vérification, vers la bande de Gaza. « Israë l a légitimement le droit de dire : Nous ne savons pas ce qu’il y a à bord de ce bateau à destination de gens qui tirent des milliers de roquettes sur notre population civile  », a-t-il ajouté.
Le vice-premier ministre, Moshé Yaalon, a déclaré hier, lors d’un meeting, qu’il s’oppose à une commission d’enquête et que, selon lui, il faut se contenter de l’enquête militaire.
Ces deux derniers jours, les conseillers du Premier ministre, Yitzhak Molho et Uzi Arad, étaient à Washington. Mardi, ils étaient à la Maison Blanche en compagnie de l’ambassadeur d’Israë l, Michael Oren, pour y rencontrer le conseiller pour la sécurité nationale, James Jones, le conseiller du président, Dennis Ross, et le responsable du Moyen-Orient au sein du conseil pour la sécurité nationale, Dan Shapiro. Un des principaux sujets de ces entretiens a été la nécessité d’une enquête israélienne.
La formule américaine, qu’a évoquée implicitement dès mardi le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, consiste en une commission d’enquête israélienne indépendante à laquelle se joindra un représentant américain qui aura, semble-t-il, le statut d’observateur. Le gouvernement américain estime en effet que la participation d’un représentant américain à l’enquête augmentera la crédibilité de ses conclusions auprès de la communauté internationale.
Selon des responsables israéliens, le Premier ministre Netanyahu ne se hâte pas d’accepter la proposition américaine. Le sujet n’a pas été évoqué dans le détail hier, lors de la réunion du cabinet restreint de sécurité, et au bureau du Premier ministre on affirme qu’il est encore trop tôt pour parler d’une commission d’enquête.
Plusieurs ministres, parmi lesquels des membres du « Forum des sept  » et du cabinet restreint de sécurité, ont cependant affirmé hier, lors de conversations privées, qu’il est nécessaire de mettre en place une commission d’enquête le plus rapidement possible. « Si nous ne le faisons pas de notre propre initiative, le monde nous l’imposera  », a déclaré un des ces ministres.
Pendant qu’en Israë l, la décision concernant une commission d’enquête est en suspens, la communauté internationale, va vite : le conseil des droits de l’homme de l’ONU a décidé hier d’envoyer dans la région une commission d’enquête internationale afin d’examiner les événements. Trente-deux pays ont voté en faveur de cette commission, neuf se sont abstenus et trois – les Etats-Unis, les Pays-Bas et l’Italie- s’y sont opposés. Il s’agit là d’une décision semblable à celle prise par le conseil après l’opération Plomb Durci, lorsqu’il avait créé la commission Goldstone.
Dans la résolution déposée par les pays arabes, le conseil condamne très fermement Israë l qui, affirme-t-il, a violé la loi internationale en interceptant les embarcations en pleine mer. La résolution appelle également Israë l à lever le blocus de la bande de Gaza et à fournir immédiatement nourriture, carburant et médicaments aux habitants.
Au terme de la réunion du cabinet d’hier, le Premier ministre Netanyahu a fait une déclaration, en hébreu et en anglais, dans laquelle il n’a pas évoqué la possibilité d’une enquête. Au lieu de ça, le Premier ministre s’en est pris à la communauté internationale, qu’il a accusé d’hypocrisie à l’égard d’Israë l, et a mis en garde contre la transformation de Gaza en base de missiles iranienne.
Pour M. Netanyahu, Israë l a le devoir d’empêcher l’introduction dans la bande de Gaza d’armes qui le menacent et c’est pourquoi, la politique de blocus maritime doit se poursuivre.