Le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a ouvert hier son point de presse par la lecture d’un communiqué dans lequel il déplorait la mort de civils. Sur son visage on pouvait voir l’espoir inutile que cela lui éviterait d’avoir à répondre aux questions des journalistes sur le refus des Etats-Unis de condamner l’assaut des commandos marine contre les bateaux du convoi à destination de Gaza.
Des questions concernant l’attitude indulgente de la Maison Blanche face à l’incident meurtrier ont été posées à plusieurs reprises, mais Robert Gibbs s’est contenter de réitérer l’appel lancé hier par le président Obama à « une enquête fiable et transparente  ». Au-delà de cela, ce qui inquiète Israë l c’est ce qu’il a dit par la suite, que les Etats-Unis acceptent la possibilité que l’enquête « comprenne une participation internationale  ».
D’autres propos préoccupants pour Israë l ont été ceux du président français, Nicolas Sarkozy, qui a condamné « l’usage disproportionné de la force  » par Israë l et a réclamé que toute la lumière soit faite « sur les circonstances de cette tragédie, qui souligne l’urgence d’une relance du processus de paix  ».
Robert Gibbs a refusé de dire si Israë l a violé le droit international en faisant monter des soldats à bord de bateaux navigant dans les eaux internationales ni s’il aurait fallu permettre au bateau transportant l’aide humanitaire de forcer le blocus. Il a cependant confirmé que la visite à Washington du président de l’Autorité palestinienne, Mahmud Abbas (Abou Mazen) aurait lieu comme prévu et s’est étonné des appels à son report. Il a ajouté que le Premier ministre Netanyahu « a une invitation ouverte à rencontrer le président Obama  ».
Après les déclarations du directeur du Mossad, Meir Dagan, qui a affirmé hier devant la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset, qu’Israë l risque de devenir pour les Etats-Unis un fardeau plutôt qu’un appui, Robert Gibbs a répliqué : « Nous avons des relations solides et Israë l est un allié important. Nous défendons sa sécurité et cela ne changera pas  ».
Les responsables américains n’ont pas caché leur frustration face à ce nouvel obstacle sur la voie qui mène aux pourparlers directs entre Israë l et les Palestiniens, mais la véritable bataille diplomatique, la plus importante pour Israë l, s’est déroulée à New York, au siège des Nations-Unies. C’est là que le Conseil de sécurité s’est réuni en urgence pour une séance au cours de laquelle le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a appelé les pays membres à punir Israë l.
« La Turquie veut une déclaration ferme des Nations-Unies suite à cette grave violation du droit international. C’est un acte de piraterie. C’est un assassinat commis par un Etat, c’est injustifiable  », a-t-il déclaré. L’ambassadeur adjoint d’Israë l à l’ONU, Danny Carmon, a répliqué que les soldats de Tsahal étaient dans une situation de légitime défense suite à l’agression violente des militants qui se trouvaient à bord du navire turc. « Quelle sorte de militants humanitaires sont ces gens qui contournent l’ONU, la Croix-Rouge et les autres organisations internationales légitimes ?  », s’est interrogé le représentant israélien. « Quelle sorte de militants pour la paix portent des couteaux, des matraques et des armes pour attaquer des soldats ? La réponse est claire : Ce ne sont pas des militants pour la paix  ».
L’ambassadrice d’Israë l aux Nations-Unis, Gabriela Shalev, a déclaré hier au Haaretz : « Nous avons connu une dure journée et d’autres journées difficiles nous attendent. Hier, il y a eu vingt-quatre heures de débats au Conseil de sécurité qui se sont terminés par une déclaration de la présidence du Conseil, approuvée par consensus. Ce texte modéré a été adopté grâce aux Américains, car la première proposition était beaucoup plus dure à notre égard  ».
Selon Gabriela Shalev, la balle se trouve maintenant à Genève, où se réunira le Conseil des droits de l’homme, un organisme, affirme-t-elle, connu pour sa partialité. « D’après ce que j’ai compris, il vont nommer une commission de vérification des faits, ce que nous ne souhaitons pas. Il se pourrait aussi que le président de l’assemblée générale réunisse cette dernière  ».