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Les services secrets israéliens sont-ils les grands responsables de l’échec de l’opération sur le bateau Mavis Maramis ?
Par Mati Ben-Avraham àJérusalem - IsraelValley
Article mis en ligne le 2 juin 2010

Il faut être clair sur deux points. Primo, les activistes du IHH turc, embarqués sur le Mavi Maramis, n’étaient làque pour tuer. Les images filmées par la caméra d’un hélicoptère israélien d’accompagnement ne laissent aucun doute àce sujet. Les soldats israéliens qui, l’un àla suite de l’autre, touchaient le pont, étaient immédiatement agressés, jetés àterre, frappés àcoup de bâton, de barres de fer, poignardés ; l’un des soldats jeté après bastonnade du premier pont vers le deuxième ; des frondes étaient utilisées pour harceler les soldats glissants le long de la corde reliant l’hélicoptère au bateau, sans oublier l’usage de grenade incapacitante. Une véritable tentative de lynch, soigneusement préparée.

Secundo, la flottille était composée de six bateaux. Aucun incident grave n’a été déploré sur cinq d’entre eux. Seul donc le Mavis Maramis a fait exception. Davantage encore, seul un groupe de 30-40 individus, sur l’ensemble des passagers, a fait usage de la violence, encore une fois, d’une violence inouïe.

Aussi, le questionnement, ici, porte-t-il sur l’impréparation manifeste des décideurs israéliens au plan du renseignement. Le IHH turc, dirigé par Bülent Yidirim, âme et bailleur de fonds de la flottille, n’est pas inconnu. Lié au Hamas, aux Frères Musulmans et àtout ce qui compte dans le terrorisme islamiste, Il ne s’est jamais privé de clamer, urbi et orbi, sa haine d’Israë l. De plus, Muhammad Kazem Sawalha et Zaher Khaled Hassan al-Birawi, deux anciens membres opérationnels du Hamas résidant aujourd’hui en Grande-Bretagne et gérant de làtoutes les activités de ce mouvement en Europe, sans oublier Hamam Sayid, dirigeant des Frères Musulmans en Jordanie, figuraient parmi les participants. Comment se fait-il donc que les services de renseignements israéliens n’aient pas serré de près tous les préparatifs de départ de ce bateau ? Les soldats israéliens ont été entraînés àfaire face àtous les cas de figure, sauf celui-ci !

Cela dit, nul doute que la classe politique israélienne a été surprise par ce tsunami de critiques, en particulier celles formulées par l’Union européenne, et la France en particulier. Le reproche israélien porte tant sur la forme que sur le fond. Convoquer l’ambassadeur d’Israë l pour éclaircissements ? Parler de tragédie insupportable ? Soyons cyniques : pour 10 morts, conséquence d’une tentative de lynch préméditée ? L’intelligence politique commandait le bi-mol, d’attendre et voir. C’est ce qu’a fait le président Obama.

Une commission d’enquête internationale, de surcroît ? Eh bien, oui. Et qu’Israë l s’associe pleinement àcette initiative. L’Etat hébreu a tout àgagner àce que la lumière soit faite sur les agissements de ces opérations dites humanitaires, qui ne contribuent qu’àpérenniser la situation de non-droit qui règne dans la bande de Gaza, d’être complices d’un mouvement qui prône ouvertement sa volonté d’instaurer une république islamiste, aux lieu et place d’Israë l et de l’Autorité palestinienne. Et Gilad Shalit ? Pourquoi donc est-il si singulièrement absent de toute action humanitaire ?