Alors que Guilad Shalit croupit dans sa geôle, Muhammad Abou-Tir, le haut responsable du Hamas considéré comme une des principales monnaies d’échange d’Israë l, a été libéré hier de la prison israélienne où il était détenu. L’après-midi même, il était convoqué pour interrogatoire par la police de Jérusalem qui lui a signifié qu’il devrait quitter la ville sous trente jours.
Abou-Tir, qui a passé trente ans de sa vie dans les prisons israéliennes, était détenu depuis quatre ans avec une quarante autres députés du Hamas. Plus qu’une question de sécurité, leur arrestation avait été le résultat de calculs froids, ces hauts responsables du Hamas devant servir de monnaie d’échange dans le cadre des négociations sur la libération de Guilad Shalit.
Mais alors que Guilad Shalit est toujours prisonnier, les hauts responsables du Hamas sont peu à peu libérés. Après la libération de Muhammad Abou-Tir, ne restent en prison que les « seconds couteaux  », douze députés qui, eux aussi, devraient être libérés dans les prochains mois. « Les dirigeants israéliens auraient pu ramener Guilad Shalit il y a bien longtemps, mais ils ont détruit les négociations  », a déclaré hier Abou-Tir.
Avant même qu’il ait eu le temps d’ôter le foulard du Hamas de son cou, Abou-Tir a été convoqué au commissariat de Jérusalem où il a été interrogé pendant près de deux heures. Au cours de l’interrogatoire, il a été informé qu’il lui faudrait quitter les frontières municipales de Jérusalem d’ici le 19 juin prochain. Abou-Tir s’est vu également retirer son titre de résident permanent de Jérusalem-est et les enquêteurs lui ont interdit de s’exprimer dans les médias.