Le Premier ministre Binyamin Netanyahu réunit ce matin les ministres du « Forum des sept  » en urgence pour débattre de la réaction israélienne à l’accord sur le transfert d’uranium qui a été signé hier entre l’Iran, la Turquie et le Brésil. Cet accord provoque en effet une vive inquiétude en Israë l. Cette inquiétude vient du fait que l’accord signé hier change, dans les faits, les règles du jeu au Proche-Orient et risque de modifier l’équilibre de la dissuasion en offrant à la Turquie de l’uranium enrichi et à l’Iran de long mois sans la menace de sanctions.
Les conseillers du Premier ministre Netanyahu devraient dans les prochains jours évoquer ce dossier avec les Américains pour étudier les conséquences de l’accord pour la région et la stratégie à adopter face au programme nucléaire iranien.
La visite de l’émissaire américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, qui arrivera cet après-midi en Israë l, devrait être largement consacrée au dossier iranien. Dennis Ross, qui est chargé de l’Iran au sein du conseil pour la sécurité nationale de la Maison Blanche, pourrait lui aussi venir dans la région en fin de semaine.
Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Emploi, Binyamin Ben-Eliezer, a réagi hier à l’accord signé par l’Iran : « Nous devons examiner avec attention ce que fait l’Iran. Nous avons déjà pu voir de quelle manière Ahmedinejad sait manipuler le monde entier  ».
Des responsables israéliens estiment que, malgré les efforts diplomatiques et les pressions exercées par Israë l au sein de la communauté internationale, les Iraniens sont parvenus à repousser la résolution sur un durcissement des sanctions d’au moins quelques mois. « La Turquie et le Brésil aident sciemment l’Iran à échapper aux sanctions  », affirment-ils.
A la Maison Blanche non plus, l’accord tripartite n’a pas fait forte impression. « Cette proposition doit maintenant être soumise à l’Agence internationale de l’énergie atomique avant que la communauté internationale y réagisse  », a fait savoir hier le porte-parole de la Maison Blanche. « Vu l’incapacité de l’Iran à respecter ses engagements et la nécessité d’obtenir des explications substantielles concernant le programme nucléaire iranien, les Etats-Unis et la communauté internationale ont encore de sérieux doutes  ».
Selon des informations qui sont parvenues à Jérusalem, le président Obama pourrait proposer au président brésilien, Lula da Silva, la présidence de la Banque mondiale, un poste qui a toujours été attribué à un Américain, en échange de son soutien aux sanctions.