L’affaire du transfert de missiles Scud de la Syrie au Hezbollah, révélée par un journal koweïtien il y a deux semaines, suscite toujours des réactions contradictoires. Les propos du président Shimon Pérès, qui a accusé publiquement la Syrie d’avoir livré les missiles, ont été suivis par des démentis syrien et libanais et par une série de déclarations américaines confuses. Aujourd’hui aurait dà » se tenir à Sharm el-Sheikh un sommet d’urgence réunissant les dirigeants égyptien, syrien et saoudien pour débattre notamment de la question des missiles. Toutefois dès hier soir, plusieurs médias arabes annonçaient que le président Assad n’y participerait pas.
La venue de Bachar Assad à ce sommet aurait été un signe positif indiquant que l’ensemble des interlocuteurs souhaitent apaiser cette nouvelle tension entre Israë l et le Hezbollah. Cela aurait aussi été la première rencontre en quatre ans des deux rivaux, Assad et Moubarak. Le recul du président syrien n’est pas bon signe et semble indiquer qu’il ne souhaite pas se rapprocher du camp arabe modéré aux dépens de ses alliés, l’Iran et le Hezbollah.
Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a affirmé hier qu’Israë l propage délibérément des mensonges concernant la livraison des missiles pour pouvoir menacer le Liban. Hariri est même allé jusqu’à comparer l’affaires des Scuds à celle des armes de destruction massive en Irak. C’est là la position que Hariri adopte en public, mais en privé le Premier ministre libanais sait bien que ces missiles risquent d’embarquer son pays dans une nouvelle guerre.