Ces dernières années, on a vu trop d’exemples de haine d’Israë l et de reddition au moindre caprice anti-israélien. Voici une histoire différente. De temps à autre, nous entendons les coups de fouet du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Des coups de fouet qui viennent de son amitié, pas de son hostilité. Cette semaine il a été mis à l’épreuve. Jeudi soir, devait s’ouvrir au Caire un festival de cinéma sous l’égide du Centre culturel français. Un des membres du jury a décidé de boycotter le festival car un des films projetés était réalisé par une Israélienne, Keren Ben-Raphaë l.
Les autres membres du jury se sont joints à lui. La presse arabe a largement couvert l’événement et al-Jazira a annoncé que des intellectuels se préparaient à une « protestation massive  » lors de la soirée d’ouverture. Le Centre culturel français ne voulait aucune controverse politique et il a donc été décidé d’annuler la projection du film.
Mais le hasard a voulu que Kouchner ait eu vent de cette décision, à laquelle il a réagi avec colère. Aucun film ne sera exclu du festival uniquement à cause de la nationalité de la réalisatrice, a-t-il décidé. S’ils ne veulent pas du film, il n’y aura pas de festival. Et le festival a effectivement été annulé. Le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères a réagi « avec stupeur  », faisant savoir qu’il était « inacceptable que quiconque critique la position des artistes égyptiens  ». Et il a raison. Ils se sont tellement habitués au festival des courbettes (cf. Obama). Comment Kouchner ose-t-il ?
Primo, Kouchner mérite une médaille. Dans un monde où on cède au moindre caprice, il a fait preuve de fermeté. Et la prochaine fois qu’il nous donne un coup de fouet suite à la construction stupide de colonies sauvages au cœur de la population arabe, que personne ne se précipite pour dire que nous avons affaire à un antisémite. Il n’est pas un ennemi mais un ami.
Deuxio, il faut comparer Kouchner aux chiffes molles qui se trouvent parmi nous et qui ont droit à beaucoup trop d’écho lorsqu’elles répercutent dans le monde l’appel à boycotter tout lien culturel avec Israë l. Il y a seulement un an, s’est tenu au Canada un festival de cinéma dans le cadre duquel était rendu un hommage à la ville de Tel-Aviv. Les ennemis d’Israë l, dans le monde et chez nous, se sont bien entendu mobilisés pour réclamer un boycott de cette ville criminelle, bâtie sur les ruines des Palestiniens. L’un d’eux était le peintre David Reeb. En échange, la mairie de Tel-Aviv lui a décerné le prix Dizengoff.
Kouchner a agi différemment. Il n’est pas un homme de droite. Il vient du parti socialiste. Mais il sait très bien quelle différence il y a entre une critique légitime, ce qu’il exprime, et un boycott qui est le résultat d’une diabolisation, d’une délégitimation et d’une obsession. Honte aux boycotts et à la servilité. Bravo à Kouchner./.