Un acte d’accusation pour espionnage aggravé a été présenté au tribunal contre Anat Kamm, habitante de Tel-Aviv de 23 ans, qui est assignée à résidence depuis quatre mois. Il est autorisé depuis hier de publier cette information, après plusieurs mois d’enquête lors desquels les médias israéliens ne pouvaient rien dire de l’affaire. Mlle Kamm, qui travaillait pour le site Internet d’information Walla et s’est mise en disponibilité suite à son arrestation, exerçait par le passé ses fonctions à l’armée au bureau de l’ancien commandant de la région centre, le général Yaïr Navé. Elle est accusée d’avoir, au terme de son service militaire, remis au journaliste du Haaretz, Uri Blau, de nombreux documents classés « hautement confidentiels  ».
Selon l’acte d’accusation établi contre Anat Kamm, il existe parmi les dossiers qu’elle aurait transmis à Uri Blau des documents qui prouveraient que des responsables de haut rang de Tsahal auraient autorisé l’élimination de Palestiniens recherchés en Cisjordanie, alors qu’il aurait été possible de les interpeller et ce, en violation d’un jugement de la cour suprême. Toujours selon l’acte d’accusation, ce sont ces documents-là qui auraient mené à la publication d’une enquête par Uri Blau dans le supplément du Haaretz, en novembre 2008, enquête qui a été pleinement validée par la censure militaire avant sa publication.
Lors d’un rare briefing qu’il a donné hier aux rédacteurs en chef des organes de presse et aux commentateurs militaires, le chef du Shabak Yuval Diskin a indiqué que cela serait « le rêve de tout pays ennemi de mettre la main sur ce genre de documents, comme nous serions ravis de recevoir ceux de nos ennemis  ».
Il a ajouté qu’Uri Blau, qui séjourne actuellement à Londres, est recherché par la police et par le Shabak qui souhaitent l’interroger sur cette affaire. Selon Diskin, le Shabak soupçonne que Blau possède toujours des documents classés qu’il aurait reçus d’Anat Kamm. « Notre objectif principal est de récupérer ces documents, pour qu’ils ne tombent pas entre des mains hostiles  », a-t-il expliqué.
Anat Kamm est inculpée d’avoir pris à la l’armée plus de 2.000 documents classés, pour des raisons idéologiques et dans le but de porter atteinte à la sécurité de l’Etat. Selon l’Etat, lors de ses interrogatoires, elle a avoué sa culpabilité pour les principaux délits qui lui sont imputés.