Un scientifique nucléaire iranien de haut rang, Massoud Ali Mohammadi, a été tué mardi dans l’explosion d’une moto piégée près de son domicile de Téhéran, ont annoncé les autorités. M. Mohammadi était un « professeur dans le domaine de l’énergie nucléaire », a déclaré le procureur général de Téhéran, Abbas Jafari Dolatabadi, cité par l’agence Isna.
Selon l’agence Borna News, dépendant de l’agence officielle Irna, qui cite des « sources informées », M. Mohammadi était « un haut scientifique nucléaire du pays ».
« Ce matin, ce professeur d’université était en train de monter dans sa voiture lorsqu’il a été tué par l’explosion de la moto qui était garée à côté », a expliqué le procureur de Téhéran.
« Son corps a été transféré à la médecine légale et une enquête a été ouverte pour identifier les responsables de l’explosion et les motifs », a-t-il ajouté.
Les médias iraniens ont immédiatement accusé des « contre-révolutionnaires » et Israë l d’être à l’origine de cet attentat, qui a eu lieu dans le quartier de Gheytarieh (nord de Téhéran), où habitait la victime.
« Massoud Mohammadi était un professeur révolutionnaire et engagé qui est devenu martyr dans un attentat terroriste commis par des contre-révolutionnaires et les éléments de l’oppression mondiale », a affirmé la télévision d’Etat en persan.
Citant des « responsables bien informés », la chaîne de télévision officielle en arabe Al-Alam a estimé que, « compte tenu du type de l’explosion, l’attentat pourrait avoir été commis par les "hypocrites" (les Moudjahidine du peuple, ndlr) ou avoir été planifié par le régime sioniste », à savoir Israë l.
Le mode opératoire de cet attentat - l’explosion d’un véhicule piégé déclenché à distance, selon les médias - a été fréquemment employé par les Moudjahidine du peuple lors de la lutte contre le régime durant les premières années de la révolution islamique.
Selon un voisin de la victime interrogé par l’AFP, l’explosion a été « très puissante » et a fait voler en éclat les vitres des voitures et maisons à proximité.
Cet attentat intervient alors que l’Iran est menacé de sanctions internationales pour sa politique nucléaire, et notamment pour son refus de renoncer à l’enrichissement d’uranium dont les Occidentaux craignent qu’il ne vise à doter la République islamique de l’arme nucléaire.
Il intervient également dans un contexte politique très tendu, alors que le pouvoir a durement réprimé au cours des derniers mois l’opposition interne au régime, qui conteste la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad en juin.
Le 27 décembre, huit personnes ont été tuées lors de manifestations de l’opposition et plusieurs centaines d’autres ont été blessées ou arrêtées.
Le pouvoir a mis en cause les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, ainsi qu’Israë l et les Moudjahidine du peuple, dans le cadre de ces violences.
Sources : AFP, romandie.com - mardi 12 janvier 2010