Les relations entre le Hamas et l’Egypte continuent à se détériorer à cause du mur métallique que construit cette dernière le long de sa frontière avec la bande de Gaza, afin d’empêcher la contrebande vers ce territoire. Hier a eu lieu l’incident le plus grave depuis qu’ont débuté les manifestations palestiniennes contre la construction du mur égyptien avec un soldat égyptien tué et au moins quatorze Palestiniens blessés, dont un grièvement.
De hauts responsables du Hamas s’en sont pris hier à l’Egypte, l’accusant d’attiser la violence en construisant ce mur. Pour le porte-parole du Hamas à Gaza, Fauzi Barhum, « ces manifestations sont le cri des affamés. Les manifestants ont voulu faire entendre leur voix afin qu’elle parvienne aux décideurs en Egypte, dans l’espoir qu’ils reviennent sur leur décision concernant la construction de la barrière et permettent l’entrée des militants pou ! r la paix étrangers et de l’aide humanitaire  ».
Les événements ont débuté quand plusieurs centaines de Palestiniens brandissant les drapeaux du Hamas, des Comités de résistance populaire et du Jihad islamique se sont rassemblés près du poste-frontière de Rafah, entre la bande de Gaza et l’Egypte, pour manifester contre le mur métallique souterrain que construit l’Egypte et qui, selon eux, empêchera la reconstruction de la bande de Gaza. Selon des équipes médicales présentes sur les lieux, les Palestiniens se sont mis à jeter des pierres vers les soldats égyptiens qui ont riposté par des tirs à balles réelles, blessant au moins dix Palestiniens. Selon ces témoins, le feu à ensuite été ouvert à partir du côté palestinien et le soldat égyptien qui se trouvait sur le mirador le plus proche a été tué.
Dans la nuit de mardi à mercredi, de violentes émeutes avaient déjà éclaté dans le port d’el-Arish, dans le nord du Sinaï, entre les forces de l’ordre égyptiennes et des volontaires étrangers qui tentaient de pénétrer dans la bande de Gaza avec un convoi de camions transportant de l’aide humanitaire. Le convoi, à bord duquel se trouvaient de nombreux volontaires turcs, était sur le point de quitter el-Arish lorsque les forces de l’ordre lui ont bloqué la route, refusant de le laisser passer par le poste-frontière de Rafah. Les volontaires ont alors tenté de forcer les barrages, mais se sont heurtés à la police. Une quarantaine de personnes ont été blessées au cours de ces affrontements. Hier soir, les Egyptiens ont autorisé le convoi à entrer dans la bande de Gaza.