/ Ofra Idelman, Fadi Eyadat, Anshel Pfeffer & Jacky Huri – Haaretz
Rawi Sultani, 23 ans, militant du parti Balad originaire de Tira, est accusé d’avoir été en contact avec un agent du Hezbollah et d’avoir fourni des informations concernant le chef d’état-major, Gaby Ashkenazi, qui fréquentait la même salle de sport que lui, au country-club de Kfar Sava.
Selon l’acte d’accusation qui a été déposé hier au tribunal de district de Pétah Tikva, Sultani aurait fourni à l’agent du Hezbollah des renseignements quant à l’emplacement du country-club, ses installations, les voies d’accès qui y mènent, les mesures de sécurité qui y sont prises, la manière dont la sécurité du chef d’état-major y est assurée, de quelle manière celui-ci se rend à la salle de sport, le nombre de gardes du corps qui l’accompagnent, leur armement, leur positionnement par rapport au chef d’état-major et la manière dont celui-ci est vêtu.
Selon l’acte d’accusation, le contact entre Sultani et les agents du Hezbollah a débuté en aoà »t 2008. Sultani faisait alors partie d’une délégation du mouvement Balad qui participait à un camp de vacances pour jeunes Arabes dans la ville marocaine d’Ifrane. C’est au cours de ce séjour qu’il rencontre Salman Harb, membre de la délégation libanaise et qui se présente comme militant du Hezbollah. Au cours de la projection d’un film sur la deuxième guerre du Liban, Rawi Sultani a indiqué qu’il fréquentait la même salle de sport que le chef d’état-major.
Selon Me Fouad Sultani, père et avocat de l’accusé, Le seul « crime  » de son fils est sa vantardise : « L’année dernière, il a participé à un camp de vacances avec des jeunes de tout le monde arabe. Lors de la projection d’un film où apparaissait le chef d’état-major, mon fils, sans réfléchir, s’est vanté de fréquenter la même salle de sport que lui. On lui a alors demandé à quoi ressemble le country-club, où il se trouve, comment il s’y rend… On a exploité son innocence et sa naïveté.
« Il ne savait pas que l’homme qu’il venait de rencontrer était un agent du Hezbollah et quand, plus tard, il a compris qu’il allait transgresser la loi, il a tenté de l’éviter et de perdre le contact. Il n’a donc rien fait qui puisse justifier cet acte d’accusation démesuré  », a ajouté le père de l’accusé.