/ Avi Issacharof – Haaretz
Le sixième congrès du Fatah s’est clos hier à Bethléem au terme d’une semaine de débats et après des élections aux deux instances de direction de l’organisation : le comité central et le conseil révolutionnaire. Hier ont été communiqués les résultats des élections au comité central, qui sert de branche exécutive au Fatah et en est considérée comme l’instance supérieure. Aujourd’hui on connaîtra les résultats des élections au conseil révolutionnaire.
Muhammad Ghneim (Abou Maher), un proche du président de l’Autorité palestinienne, Mahmud Abbas (Abou Mazen), a été élu à la première place au comité central du Fatah. Ghneim est revenu dans les territoires palestiniens il y a seulement dix jours après plus de quarante ans d’absence et sa victoire fait de lui un possible successeur à Abou Mazen.
En revanche, Ahmed Qoreï (Abou Alaa), qui dirigeait le comité organisateur du congrès et est considéré comme un des hommes forts du Fatah, a subi une défaite cuisante et se voit exclu du comité central.
Marwan Barghouti a lui aussi été élu mais ses proches ne sont pas parvenus à faire partie de la liste. Ont également été élus : Jibril Rajoub, ancien commandant des forces de sécurité préventive en Cisjordanie, Muhammad Dahlan, son homologue de la bande de Gaza, et Tawfik Tirawi, qui commande les renseignements généraux en Cisjordanie et est connu pour sa rivalité avec Jibril Rajoub.
Nabil Shaath, un des élus, a déclaré hier au Haaretz que la nouvelle direction devrait faire pression sur Abou Mazen afin qu’il se conforme au programme politique du Fatah selon lequel les négociations avec Israë l ne reprendront pas sans un gel total de la construction dans les colonies. Selon lui, la ligne politique du Fatah n’a pas changé et les grandes lignes de son programme sont toujours : un Etat palestinien dans les frontières du 4 juin 1967 avec Jérusalem pour capitale et le droit au retour pour les réfugiés, conformément à la résolution 194 des Nations-Unies. Toujours selon Nabil Shaath, Abou Maher Ghneim devrait demeurer dans les territoires palestiniens. Cette direction « jeune  », explique-t-il, n’est plus si jeune que cela : « Ce sont des ‘gamins’ de 55 ans. L’âge moyen de la direction est passé de 65 à 58 ans. Il s’agit de gens qui auraient remporté les élections si elles avaient ! eu lieu il y a dix ans mais qui ont dà » attendre leur tour pendant tout ce temps  ».