Le Premier ministre Binyamin Netanyahu s’est entretenu hier à Amman avec le roi Abdallah de Jordanie. Celui-ci, écrit le Haaretz, a appelé le Premier ministre israélien à accepter « immédiatement » la solution de deux Etats pour deux peuples. M. Netanyahu a quant à lui réaffirmé son intention d’engager des pourparlers avec les Palestiniens et d’agir parallèlement sur le plan militaire, économique et politique.
Le roi Abdallah a toutefois mis en garde contre des démarches économiques qui ne s’inscriraient pas dans le cadre d’un processus diplomatique. Il a également appelé à l’arrêt de la construction dans les colonies.
Selon la chaîne télévisée al-Arabiya, le roi Abdallah aurais remis hier à Binyamin Netanyahu un message de la part du président syrien Bachar Assad selon lequel Damas serait prête à reprendre les pourparlers avec Israë l. Cette information a toutefois été démentie par le cabinet du Premier ministre.
Par ailleurs, le Haaretz rapporte que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmud Abbas, était hier à Damas où il a rencontré le président Assad. Selon le négociateur palestinien Saeb Erekat, il s’agit d’une rencontre de concertation afin d’élaborer une position arabe commune face à Israë l en vue de la visite de Mahmud Abbas à Washington, à la fin du mois.
Israë l coordonnera avec les Etats-Unis ses démarches face à l’Iran
Le Haaretz révèle qu’il y a deux semaines environ, le chef de la CIA, Leon Panetta, a effectué une visite en Israë l au cours de laquelle il a rencontré de hauts responsables israéliens, dont le Premier ministre Binyamin Netanyahu. M. Panetta aurait remis à ce dernier un message du président Barack Obama dans lequel il exige qu’Israë l s’abstienne de lancer une attaque-surprise contre l’Iran. Israë l aurait répondu positivement à cette demande, s’engageant à consulter Washington avant toute offensive et à coordonner toutes ses démarches face à Téhéran.
Le dossier iranien sera également au cœur de la rencontre Netanyahu-Obama, prévue pour lundi prochain. Selon le Yediot Aharonot, l’administration américaine aurait accueilli avec colère les déclarations de certains responsables israéliens quant à la nécessité de fixer un calendrier pour le dialogue entre les Etats-Unis et l’Iran et le président Obama devrait en faire part à Netanyahu lors de leur rencontre à Washington. Selon le journal, les Etats-Unis comptent réévaluer le dialogue avec l’Iran en octobre-novembre 2009 et, en cas d’échec, décider de la prise de sanctions très sévères. En attendant, ils ne souhaitent pas donner l’apparence que ce dialogue est limité dans le temps et, surtout, veulent éviter de créer l’impression qu’Israë l dicte les conditions de ce dialogue avec l’Iran.
Le Maariv estime lui que la rencontre Netanyahu-Obama ne sera ni particulièrement chaleureuse, ni conflictuelle. Selon le journal, Barack Obama réaffirmera au Premier ministre israélien son soutien univoque à la création d’un Etat palestinien. Toutefois, l’administration américaine aurait déjà accepté le fait que Netanyahu n’annoncera pas son adoption de la solution de deux Etats. Netanyahu devrait lui s’exprimer en faveur du développement économique de la Cisjordanie et du renforcement des institutions palestiniennes, afin de préparer le terrain à l’émergence d’un Etat palestinien, tout en conservant le contrôle israélien dans le domaine de la sécurité, afin d’éviter un scénario similaire a celui que l’on a vu dans la bande de Gaza.
Toujours selon le Maariv, en Israë l on estime que la rencontre Netanyahu-Obama permettra un « redémarrage préliminaire du processus diplomatique  », tout en espérant que le président américain ne surprendra pas en réclamant, dès cette première rencontre, des mesures concrètes concernant le démantèlement des colonies sauvages, le gel de la construction dans des colonies et la levée de barrages en Cisjordanie.
Le pape rencontre Netanyahu
Le pape Benoît XVI s’est entretenu avec le Premier ministre Binyamin Netanyahu hier à Nazareth. Au cours de cette rencontre, écrit le Haaretz, le Premier ministre a notamment demandé au pape de faire entendre sa voix face à la menace iranienne. Benoît XVI a quant à lui réaffirmé sa conviction selon laquelle il est nécessaire de renforcer les éléments modérés dans la région et de combattre les extrémistes. Il a également souligné son engagement dans la lutte contre l’antisémitisme à travers le monde.
Les deux hommes se sont également entretenus du statut fiscal des institutions catholiques en Israë l et de la délivrance de visas aux prêtres originaires de pays arabes qui souhaitent se rendre en Israë l. M. Netanyahu s’est engagé à faire avancer ces deux dossiers.
Dans la matinée, près de quarante mille personnes ont participé à la messe célébrée par le pape au Mont du Précipice, près de Nazareth. Aujourd’hui, au dernier jour de sa visite dans la région, Benoît XVI se rendra à nouveau dans la vielle ville de Jérusalem et se recueillera au Saint-Sépulcre.
Intérieur
Sondage
Le Haaretz publie ce matin un sondage d’opinion, après l’adoption avant-hier par le gouvernement du budget 2009-2010, au terme d’un débat houleux, notamment entre le Premier ministre Netanyahu et plusieurs hauts fonctionnaires du ministère des Finances.
Selon ce sondage, réalisé hier par l’institut Dialog, 52 % des Israéliens sont insatisfaits de l’action du Premier ministre Netanyahu, contre 28 % seulement qui l’approuvent. Le ministre des Finances, Yuval Steinitz, est lui désapprouvé par 48 % des personnes interrogées et ne bénéficie que de 18 % d’opinions favorables.
Deux ministres qui se sont opposés aux restrictions budgétaires qu’on voulait leur imposer sortent renforcés du débat sur le budget : le ministre de la Défense et président du parti travailliste, Ehud Barak, dont 60 % des Israéliens approuvent l’action contre 27 % d’insatisfaits ; et le ministre de l’Education, Gideon Saar, qui bénéficie de 45 % d’opinions favorables contre 19 % d’insatisfaits.
Toujours selon cette enquête, 57 % des Israéliens estiment que lors de leur rencontre de lundi prochain, le Premier ministre Netanyahu doit dire au président Barack Obama qu’il accepte la solution de deux Etats pour deux peuples. 35 % s’opposent à une telle démarche