Une centaine d’enfants seraient au nombre des victimes du week-end, dans le nord du pays, où les derniers rebelles tamouls du LTTE résistent encore. Selon l’Onu, plus de 50 000 Sri-Lankais sont pris au piège sur 4 km2 ! Une densité comparable à celle de Monaco, avec ses 15 800 habitants au km2. Rien d’étonnant, dès lors, que les derniers bilans onusiens et les accusations de la rébellion tamoule fassent état d’un carnage dans les mangroves proches de la ville de Mullaitivu.
La zone des combats verrouillée par les autorités.
Selon les Tigres de l’Eelam tamoul, 3 200 civils auraient péri au cours du week-end. La faute au « pilonnage de l’armée gouvernementale  », affirment les Tigres. L’accusation a été rejetée par les autorités qui assurent que les Tigres « bombardent leur propre population à l’arme lourde pour en faire accuser les forces sri-lankaises  ».
Hier matin, l’Onu a mis en cause les forces gouvernementales : « La tuerie de civils, parmi lesquels 100 enfants durant le week-end, démontre que le scénario du bain de sang est avéré  », a déclaré Gordon Weiss, le porte-parole onusien. Une telle accusation a suscité une violente protestation du régime de Colombo, qui s’est dit « gravement offensé par ces déclarations  ».
En fait, aucune information n’est vérifiable, la zone des combats étant coupée du monde et totalement verrouillée par les autorités. Les rares témoignages sont ceux des réfugiés qui s’entassent dans quelques camps mis en place par l’armée. Au camp numéro 2 de Manik Farm (à 90 km de la zone de combats), 60 000 personnes s’entassent depuis trois semaines dans 7 000 tentes blanches. « Nous ne sommes pas complètement libres mais, au moins, il n’y a pas de combats. On a de quoi manger et s’habiller tous les jours  », confie Daniel Arunachalam, un Tamoul chrétien de 26 ans, rencontré dans un dispensaire de Cheddikulam, une bourgade voisine.
C’est là qu’est installé l’ESCRIM (Éléments de sécurité civile rapide d’intervention médicale), une structure d’urgence. Formé d’immenses tentes, cet hôpital mobile français a été mis sur pied en vingt-sept heures et compte soixante lits. Il est animé par soixante et onze médecins, infirmiers, pharmaciens et logisticiens. « Ici, explique le colonel Prunet, on récupère des victimes mal traitées, des gens polyinfectés et qui repartent en vie.  »