Le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, a réussi le tour de force de se mettre à dos à la fois Israël et L’Egypte. Tout a commencé avec l’annonce mercredi de l’arrestation en Egypte de 49 personnes liées au Hezbollah et soupçonnées de planifier des attentats dans ce pays.
Vendredi, le chef du Hezbollah a reconnu que l’un des hommes arrêtés faisait partie de son mouvement. Ce dimanche, la presse égyptienne se déchaine. Elle exige un procès contre le « criminel  » Nasrallah. Un quotidien pro-gouvernemental va même jusqu’à le traiter de « singe  ».
Le gouvernement égyptien veut profiter de l’embarras dans lequel se trouve le Hezbollah libanais pour le décrédibiliser auprès d’une population qui l’avait admiré en 2006 pour sa résistance face à Israë l considérée comme une « victoire  ».
En s’attaquant à Hassan Nasrallah c’est tout le courant radical arabe qui est visé. Le chef du Hezbollah a d’ailleurs souligné le soutien que lui apportaient à lui et à la résistance à Israë l en général la Syrie et l’Iran. Un Iran qui reste mal perçu dans un monde arabe qui continue à y voir l’ennemi ancestral persan.
Les accusations de complot contre le Hezbollah permettent aussi au régime du président Moubarak de s’en prendre à ses sympathisants égyptiens. Le guide suprême de la confrérie des frères musulmans, principale force d’opposition égyptienne, est accusé par un avocat de complicité avec une organisation étrangère cherchant à porter atteinte à l’Egypte. Vient enfin la dénonciation religieuse puisque le Hezbollah est accusé de vouloir répandre le chiisme dans une Egypte sunnite.