Les négociations interminables entre le Hamas et le Israël donnent une idée de la valeur qu’accordent les uns et les autres à la vie d’un homme. On sait depuis des années qu’Israël est disposé à des échanges très déséquilibrés pour retrouver ses soldats, parfois même leurs dépouilles.
Mais la nouveauté morbide vient du Hamas. En effet, ce mouvement donne dans la surenchère pour obtenir la libération de militants qui ont participé à des attentats meurtriers en Israë l. Le paradoxe tient pourtant dans ce simple rapprochement :
le Hamas recrute des kamikazes pour poursuivre ce type d’attentat particulièrement efficace (puisque ne nécessitant aucun plan de repli ni de logistique associée).
Pour récupérer des hommes promis à la mort dès leur libération, le même Hamas n’en finit pas d’augmenter ses exigences.
On sent bien que c’est le jeu des négociations en tant que jeu qui prime dans l’esprit des dirigeants islamistes (avec soi disant des désaccords entre l’antenne syrienne et les responsables de Gaza, ce brouillage des commandements autorisant des communiqués plus contradictoires les uns que les autres).
Car en fin de compte, si Israë l récupère Guilad Shalit, le pays tout entier sera soulagé et partagera la joie de sa famille. Si le Hamas récupère des centaines de prisonniers, ce sera pour mieux les envoyer se faire tuer, soit par leur propre bombe, soit par Tsahal, soit par les militants du Fatah.
Ici, la vie n’a de valeur que par la dose de mort qu’elle pourra distiller, et on peut sans peine imaginer la schizophrénie des mères de Gaza, à la fois heureuses de revoir leurs fils, et promises à un autre bonheur, celui de les voir élever au rang de martyr.