Les partis politiques israéliens continuent à se préparer activement en vue des élections anticipées annoncées pour 10 février prochain. Selon le Haaretz, les proches du ministre des Transports Shaoul Mofaz (Kadima) refusent de renoncer à leur demande de réserver à M. Mofaz la deuxième place sur la liste de candidats du parti, et préviennent Tzipi Livni que si elle s’abstient de le faire, l’unité du parti le long de la campagne électorale s’en trouvera compromise.
«  L’unité passe par la réservation  », déclarent-ils. Les proches de Shaoul Mofaz exigent également que Mme Livni garantisse au ministre des transports le statut de suppléant au Premier ministre et de «  ministre de premier rand  » au sein du gouvernement au cas où Kadima gagnerait les élections.
Le Haaretz rapporte par ailleurs que le président du parti travailliste, Ehud Barak, a tranché hier en faveur de la tenue d’élections primaires pour élire les candidats du parti à la Knesset. Il a ainsi balayé l’initiative de plusieurs députés travaillistes, qui voulaient annuler les primaires et maintenir la même liste de candidats que le parti avait présentée aux élections de 2006. Le Maazriv note qu’étant donné la faiblesse du parti travailliste dans les sondages, le ministre des Sciences, de la Culture et du Sport Raleb Majadleh envisage de quitter ce parti pour créer une quatrième formation politique arabe, et que la faction centriste-religieuse Meimad, qui a formé avec les travaillistes une alliance depuis 1999, compte y mettre fin pour rejoindre Kadima.
Le Haartez note par ailleurs qu’un des message-clé qui seront mis en avant dans la campagne électorale du parti travailliste cherchera à présenter Kadima comme un parti de droite en rappelant la présence au sein de ce parti de personnalités de droite comme Tzahi Hanegbi, Shaoul Mofaz et Ze’ev Elkin. De plus, le parti travailliste voudra mettre en valeur son caractère social-démocrate en se démarquant des opinions capitalistes du Likoud et de Kadima.
Quant au Likoud, le Haartez rapporte que son président Binyamin Netanyahou oeuvre à réserver une position clé sur la liste de candidats du parti à l’ancien ministre Dan Meridor qui a quitté le Likoud en 1999 pour créer le Parti du Centre. Certains députés du Likoud ont fait savoir à M. Netanyahou qu’il feraient tout leur possible pour torpiller cette initiative, considérant M. Meridor comme un traître qui a lutté pendant longtemps contre son parti d’origine. Le journal note que M. Netanyahou souhaite également réserver une place de choix à l’ancien chef d’état major, Moshé Yaalon, et qu’il mène des négociations avec le député Efi Eitam de l’Union Natoinale-PNR concernant son éventuelle adhésion au Likoud.
Toujours selon le Haaretz, les quatre partis de droite nationale-religieuse, qui ont déjà constitué une seule formation politique (l’Union Nationale-PNR) pour les élections de 2006 : le PNR, Tkouma, la faction religieuse de Moledet et AHI, envisagent de procéder à une fusion en créant un seul parti uni. Ces quatre partis devraient annoncer leur union la semaine prochaine lors d’une conférence de presse.
Régional
Olmert appelle la Syrie à reprendre les pourparlers indirects avec Israë l
Le Haaretz rapporte que le Premier ministre Ehud Olmert envisage de relancer les pourparlers indirects de paix avec la Syrie, qui se font par le biais de la Turquie et qui ont été interrompus en aoà »t dernier en raison de la crise politique en Israë l. En effet, suite à l’anticipation des élections et l’échec de Tzipi Livni de former un gouvernement, M. Olmert devrait rester à son poste jusqu’en mars 2009 et pourra donc promouvoir le processus de paix avec les Syriens dans le temps qui lui reste.
A Jérusalem, un responsable diplomatique de haut rang cité par le journal affirme que le cabinet de M. Omert engagera la semaine prochaine des contacts avec le cabinet de son homologue turc Racep Tayyip Erdogan, afin de coordonner avec Damas la date de la cinquième session de négociations entre les deux pays.
Le journal note toutefois que malgré la volonté de M. Olmert de reprendre les négociations avec la Syrie, il pourrait rencontrer des difficultés en raison des tensions récentes entre Damas et Washington suite à l’attaque américaine en Syrie. De plus, écrit le journal, bien qu’en menant ces négociations de paix, M. Olmert n’outrepasse pas ses compétences en tant que premier ministre de gouvernement de transition, sa démarche pourrait quand-même essuyer les critiques de Mme Livni, qui a pris sa succession à la tête de Kadima. En effet, la ministre des Affaires étrangères Livni a affirmé hier au ministre turc de la Défense, qui était en visite en Israë l, que la communauté internationale doit faire pression sur la Syrie pour qu’elle mettre fin à la contrebande d’arme à destination du Hezbollah.