Le Haaretz donne un avant-goà »t d’un sondage dont l’intégralité sera publiée dans l’édition de vendredi (demain). Selon ce sondage, si les élections se tenaient aujourd’hui, Kadima et le Likoud obtiendraient chacun 31 sièges à la Knesset, tandis le parti travailliste ferait son plus mauvais score dans l’histoire, avec 10 sièges seulement. Le parti travailliste deviendrait ainsi la quatrième formation politique du parlement israélien, derrière le parti d’Avigdor Liberman, qui décrocherait, lui, 11 sièges.
En effet, 30 % des électeurs travaillistes aux élections de 2006 ont annoncé aux sondeurs leur intention de voter cette fois-ci en faveur de Kadima. En contrepartie, 20 % de l’électorat de Kadima en 2006 voteront cette fois-ci pour le Likoud.
Dans son commentaire à ce sondage, le journal explique qu’avec la répartition de sièges telle que la prévoit le sondage, le Likoud pourrait facilement former un gouvernement, avec différentes constellations possibles : soit avec Kadima et les Travaillistes ; soit avec Kadima, les travaillistes et les partis ultra-orthodoxes ; soit avec Kadima, les ultra-orthodoxes et la droite ; soit avec les travaillistes, les ultra-orthodoxes et la droite.
En revanche, la présidente de Kadima Tzipi Livni se retrouverait en position difficile : le camp centre-gauche qu’elle dirige comprendrait 59 députés dont onze députés arabes, qu’elle ne voudra dans tous les cas pas inclure dans son gouvernement, et deux députés verts, qui ne font que frôler le seuil de représentativité. Dans ces circonstances, conclut le journal, même si elle parvient à former un gouvernement, Mme Livni sera contrainte à y joindre un parti de droite ou ultra-orthodoxe, ce qui la limitera dans la promotion du processus de paix.
Le journal émet toutefois une réserve : selon le sondage, le camp de la droite comprend 61 députés et celui de la gauche 59 ; des événements dramatiques ou des fautes graves des candidats d’ici le 10 février peuvent tout à fait faire passer plusieurs mandats d’un bloc à l’autre. La situation s’en trouverait alors changée du tout au tout.
Kadima et le Likoud se disputent les électorats laïque et russe
Selon le Maariv, après son échec à former un gouvernement avec le parti séfarade-orthodoxe Shas, ce qui a mené à l’anticipation des élections, la présidente de Kadima Tzipi Livni se tourne vers les électorats laïc et russe.
Dans une série d’interviews qu’elle a accordées hier aux médias israéliens en langue russe, Mme Livni s’est efforcée de faire passer le message selon lequel elle ne se livrait pas au chantage des partis ultra-orthodoxes. Elle a ainsi affirmé son soutien à la mise en place du mariage civil en Israë l et s’est engagée à faire adopter une loi sur le mariage civil lors de la session actuelle de la Knesset, avant les élections.
Le mariage civil, notion farouchement désavouée par les ultra-orthodoxes, permettra à 265 000 personnes qui ne sont pas reconnus en Israë l comme Juifs, pour la plupart des ressortissants de l’ex-union soviétique, de se marier en Israë l avec des Juifs. Le journal rappelle que l’électorat russe qui représente 20 sur les 120 sièges de la Knesset est particulièrement convoité par le Likoud, Kadima et le parti d’Avigdor Liberman.
En essayant lui aussi de se distinguer de Shas et de plaire à l’électorat laïc, poursuit le Maariv, le président du Likoud Binyamin Netanyahu a déclaré hier à la Knesset que son parti conserverait le portefeuille de l’éducation dans le gouvernement qu’il formera après les élections. M. Netanyahou a fait cette déclaration, note le Maariv, pour soulager ses électeurs laïcs après qu’Eli Yishaï, président de Shas, ait fait part de la volonté de son parti de réclamer le portefeuille de l’éducation.
Régional
Pérès et Olmert se sont excusés auprès de Moubarak suite aux propos de Liberman
S’exprimant hier à la Knesset lors d’une séance commémorative à la mémoire du ministre assassiné Rehavam Ze’evi, le député de droite (Israë l Beitenou) Avigdor Liberman a critiqué les dirigeants israéliens qui « s’abaissent et rampent devant les pieds du président égyptien  » sans que celui-ci ne fasse preuve de réciprocité : « encore et encore nos leaders se rendent en Egypte pour rencontrer Moubarak alors que celui-ci n’a jamais accepté de venir en Israë l en visite officielle. Tout dirigeant qui se respecte aurait conditionné ces rencontres par une expression de réciprocité. S’il veut nous parler – qu’il vienne ici ; s’il ne veut pas venir – qu’il aille au diable !  ».
Le président Shimon Pérès et Ehud Olmert ont téléphoné à Hosni Moubarak pour lui présenter leurs excuses à la suite de ces propos. M. Pérès a fait part à M. Moubarak de ses regrets pour « des propos inadaptés envers le président égyptien et son pays lors d’une cérémonie de commémoration nationale  ».
Ce n’est pas la première fois qu’Avigdor Liberman provoque des tensions entre Israë l et l’Egypte, rappelle le journal ; en 2001 il a déclaré qu’en cas d’attaque arabe contre Israë l, ce dernier pourrait bombarder l’Iran et le haut barrage d’Assouan en Egypte.
Par ailleurs, sans rapport avec cet incident, Hosni Moubarak a accordé une interview au Yediot, dont l’intégralité sera publiée demain. Moubarak affirme dans cette interview qu’à sa connaissance, l’état de santé du soldat enlevé Guilad Shalit est bonne, et que sa vie n’est pas en péril car les Palestiniens savent bien que s’ils lui portent atteinte, « Israë l ne libérera pas un seul prisonnier palestinien  ». Le président Moubarak confirme en outre la réception par Guilad Shalit de la lettre que lui a été adressée par son père, Noam, et transmise par le biais du président français Nicolas Sarkozy, et promet bientôt une lettre de réponse de Guilad qui sera transférée à son père.