Bien que certains parlent de transformer Gaza en "Riviera", les priorités de l’après-guerre ne devraient pas être le territoire palestinien, mais Israël, le Liban et la SyrieDimanche 2 mars. Je vais faire mes emplettes au centre commercial Aldanaf. Il y a des soldes. Après, j’irai déjeuner chez Abou Bassir, s’il y a de la place. J’aurais dû réserver. Depuis le cessez-le-feu, les restaurants débordent de monde. Au pire, je ferai un saut au supermarché. Les prix ont baissé. Un euro et demi le kilo de sucre et deux pour le kilo de riz. Ah, voilà un stand de rue. Je vais plutôt me payer un bon shawarma à la broche. Délicieux ! Je déambule gaiement dans les rues de Gaza sous lesquelles, à trente mètres de profondeur, des otages israéliens crèvent de faim et sont tabassés journellement. Ce qui ne me coupe aucunement l’appétit. Ni l’envie d’aller prendre un bon café. Le président américain, Donald Trump, parle de reconstruire Gaza et d’en faire la Riviera du coin. Je le convie à siroter un apéro avec moi près du bord de mer, dans les salons de l’hôtel Falastine. Ou pour un brunch à l’Almat Haf.
Analyse | "Gaza-les-bains : La reconstruction en question", par Raphaël Jerusalmy
Article mis en ligne le 2 mars 2025